Il y a deux mondes.
Ils se croisent dans les rues, les magasins, sur les
réseaux. Ils partagent le même air, le même espace, mais ils ne vivent plus la
même réalité.
Il y a ceux qui dorment et ceux qui ont ouvert les yeux.
Deux mondes, deux vérités et un silence qui grandit entre eux. Peut-on encore comprendre quelqu'un quand on ne partage plus la même réalité ?
Ceux qui dorment veulent vivre leur vie. Juste ça, rien de
plus. Leur confort, leur planning, leur café le matin, leur film le soir, leur
weekend pour souffler.
Ils ne veulent pas qu'on vienne gratter. Ils ne veulent pas qu'on dérange leur
équilibre fragile et surtout ils ne veulent pas qu'on les réveille. Mais
qu'est-ce que ça dit d'un monde quand la vérité devient une menace ?
Et puis il y a nous ceux qui ont vu, ceux qui ne peuvent
plus faire semblant. Ce n'est pas une idéologie, ce n'est pas une
rébellion, c'est une fracture. Une ligne s'est brisée quelque part.
Un jour, on est tombé sur une vérité et cette vérité a fait sauter le verrou.
Alors, on a creusé et plus on creusait, plus le sol s'effondrait. Tu te
souviens de ce moment ?
Celui où tout s'est retourné en toi, tu ne l'as pas changé.
Tu es juste sorti du décor. Après l'éveil, le silence, l'isolement, la
distance.
Tu veux en parler ?
Tu veux comprendre ?
Tu tends la main à ce que tu côtoies, mais leur regard change.
Ils te disent que tu vois le mal partout, que tu t'inventes des ennemis, que tu
vas trop loin et toi, tu cries dans le désert, mais le désert c'est eux.
Comment continuer à vivre et à partager quand tu sens que tu n'es plus sur la
même longueur d'onde ?
Et pourtant, un jour, tu croises un regard qui te comprend,
un message, une vidéo, une voix lointaine qui te dit "Moi aussi, j'ai
vu".
Et là, tu réalises que tu n'es pas seul. Les réseaux ont relié les consciences.
Les éveillés se sont trouvés silencieusement, instinctivement, spirituellement.
Et si l'éveil s'était aussi retrouvé une famille invisible, autour de toi, il y
a ceux qui vivent leur vie. Ils ne t'attaquent pas vraiment. Ils veulent juste
qu'on les laisse dans leur paix artificielle.
Ils disent "Je ne veux pas savoir, tu vas trop loin, profite un peu."
Et ce n'est pas qu’on ne les comprend pas, c'est que leur monde n'existe plus
pour nous.
Comment revenir au cinéma quand tu sais ce qui se passe en coulisse ? Comment
parler météo quand tu sais que les cris sont déclenchés ? Ce qu'on appelle le
syndrome de l'éveiller, c'est ça.
Ce n'est pas une maladie, c'est une incapacité à faire semblant, à participer à
un monde qu'on sait truquer. Tu regardes ton entourage et tu sais qu'ils vivent
dans l'illusion. Tu parles à tes proches, tu sens qu'ils sont ailleurs et
parfois tu te sens fous. Mais ce n'est pas toi le problème, c'est la façade
autour de toi qui ne tient plus. Et pourtant, au fond de cette solitude, il y a
une force.
Tu vois clair, tu lis entre les lignes, tu anticipes, tu décodes, tu sais. Et
cette lucidité te donne une puissance que rien ne peut acheter.
C'est douloureux, oui, mais c'est réel et le réel libère. Est-ce que tu
préfères vivre dans un beau mensonge ou dans une réalité inconfortable ?
Le plus dur, c'est de voir le système gagner parce qu'il a dressé les dormeurs
contre les éveillés.
Parce qu'il a inversé les rôles. Ceux qui préviennent passent pour des fous.
Ceux qui se taisent pour des gens équilibrés. Et chaque jour la vérité recule
un peu plus, non pas par la force, mais par la paresse. Combien de vérités
faudra-t-il encore enterrer avant que les gens lèvent la tête ?
Mais malgré tout ça, on continue parce qu'on n'est pas motivé par la peur, mais
par l'amour de la vérité, l'amour des autres même quand ils nous rejettent.
Et parce que même dans l'ombre, il y a des éveils silencieux. Des déclics
soudains, des âmes qui se lèvent. Le monde change par des graines semées dans
le noir.
À toi qui entends ça et qui te reconnaît. Tu n'es pas fou, tu n'es pas cassé.
Tu es en train de renaître. Ce que tu vis, c'est la plus grande jamais menée,
celle contre l'esprit humain. Es-tu prêt à payer le prix de ta lucidité ou
préfères-tu vendre ton confort contre ton âme ? Et à ceux qui dorment encore,
ceux qui vivent dans le calme apparent, bon courage, pas avec arrogance, mais
avec compassion.
Car le réveil approche et il ne viendra pas en douceur. Il viendra avec fracas. Ce jour-là, ce ne sera pas nous qui aurons changé, ce sera vous qui verrez de monde, un mur, une vérité et à la fin, il faudra choisir de quel côté tu vis et de quel côté tu mens. Alors effectivement, on ne vous en veut pas. Bien au contraire, profitez du spectacle et surtout n'oubliez pas, on n clairement pas au bout de nos surprises.